Même si vous avez l’impression de ne pas encore le connaître, Matthieu Mendès n’est pas un nouveau venu. Vous avez sûrement déjà entendu sa guitare ou fredonné l’une de ses mélodies.

Mais Matthieu, guitariste compositeur reconnu et apprécié dans la profession, est désormais fiché dans le listing des espoirs pop 2013.

On résume le dossier : à l’âge de huit ans, le petit Matthieu se découvre un penchant pour la musique. Les acrobaties de Slash sur l’album Dangerous de Michael Jackson lui donnent envie de se mettre à la guitare.

Après une enfance studieuse à Lille, où il se fait la main dans des groupes de lycée, il s’ouvre à la pop grâce à la découverte tardive du répertoire des Beatles. Une année de classe prépa, pour devenir ingénieur, le convainc de façon définitive que sa vraie vie est ailleurs, dans la musique.

Départ à Paris, école d’ingénieur du son, espoir fou de signer comme artiste. Matthieu le guitariste devient Matthieu Mendès le chanteur. « À la base ce n’était pas ma vocation, pas évident. Je n’aimais pas ma voix, je n’avais pas les réflexes techniques. J’ai appris à me canaliser, à comprendre ce que c’était que de chanter ». Et il y prend tellement goût qu’il écume les majors pour décrocher le ticket d’or. Un seul DA le reçoit, lui explique que son travail n’est pas abouti, lui suggère d’aller voir un éditeur.

De fil en aiguille, de compositions en compositions, Matthieu finit par signer un contrat d’artiste, et sort un premier album en 2005. Deux clips, un petit buzz, mais pas assez pour toucher le grand public. Matthieu décide alors de faire un break. « Je suis parti à L.A. pour la première fois, avec un pote ingé son, voir cette ville qui nous rendait dingues. Et il y a eu un déclic, des vibes. Le premier jour on a croisé Dave Navarro sur Sunset Boulevard, un signe évident ». De retour à Paris, Matthieu peaufine ses musiques, rencontre Ycare dont il écrit une bonne partie de l’album, assure la direction musicale de Luce, tourne comme guitariste de Jena Lee, compose en compagnie de M. Pokora ses tubes « Juste un instant » et « On est là », mettant entre parenthèses sa carrière de chanteur.
Mais…

« J’aimais bien l’ombre, mais au bout d’un moment, c’est frustrant. Au fond de moi, j’avais besoin de la lumière ». Et cette lumière va être apportée par celui qui deviendra son manager, rencontré lors des NRJ Music Awards 2012. C’est lui qui pousse Matthieu à chanter à nouveau. « Il m’a convaincu en une phrase. Et il a cru en moi. La semaine d’après, j’avais composé une nouvelle chanson : “Jour après jour“. C’était parti ».

Et bien parti : Matthieu Mendès enclenche le turbo et enregistre ses premiers titres. Quelques mois plus tard, il signe chez EMI alors qu’il a quasiment fini son album, pensé au départ en anglais sur des textes de Claudia Mendoza puis adaptés en français par Benoît Carré (le chanteur de Lilicub), Laurent Lamarca (auteur pour Ycare et Luce) ou Catherine Berthommier. Et Ycare, fidèle en musique comme il l’est en amitié, qui lui offre le texte français de « Opéra ».

Le premier extrait, « Jour après jour »,  finalisé, il part tourner son clip à Las Vegas. « L’histoire de cette chanson est un peu la mienne, celle d’un gars qui se cherche, qui quitte une vie qui ne lui plait pas, qui s’évade. C’est de la pop folk. Pop parce que la mélodie est entêtante, folk parce que c’est très acoustique, même si ça peut être rock par moments ».

Sur cet opus, on sent les influences country à la Johnny Cash sur « Okay », on savoure un folk dépouillé et mélodique avec « Quand je reviens chez toi », on est transporté dans une ambiance de conquête de l’Ouest et de grands espaces avec l’instrumental « On The I15 ». Au carrefour de toutes ces ambiances à la Quentin Tarantino, on entre dans l’univers de Matthieu Mendès, chanteur français qui a su transcender ses influences américaines et imprimer sa griffe.

« Là », texte bref, est peut-être la chanson sur laquelle on sent le plus l’influence des Beatles, notamment à travers l’utilisation des cuivres et des chœurs. « Opéra », par contre, est l’ovni de l’album, un morceau dense où il est question de violoncelles qui enragent et d’un tambour qui « résonne dans la nuit comme un orage ». « La musique est très Sergio Leone et le texte part ailleurs, dans l’émotion pure. J’aime ce décalage ». « Je suis libre », malgré des paroles évoquant la sainte trinité sex, drugs et rock & roll, reste très positif. Pour l’écrire, Matthieu s’est souvenu de ce qu’il a ressenti en arrivant à Los Angeles.
La dernière chanson qu’il compose est « Écho », dont il signe également les paroles. « Beaucoup de gens vont s’y retrouver, je pense. C’est l’histoire d’un mec saoulé par sa femme, mais c’est fun » explique-t-il avec un grand sourire.

Et puis sur cet album il décide d’intégrer une reprise mais pas n’importe laquelle : « Cendrillon » de Téléphone, un hymne sur lequel a grandi sa génération et un des titres emblématiques d’un groupe qui l’inspire encore aujourd’hui.

Habitué des premières parties, Matthieu veut aussi défendre sa musique sur scène, histoire de partager avec un vrai public, en live. Là où la musique prend tout son sens après avoir été conçue dans l’ombre des studios.

Au final, Matthieu Mendès propose un album sincère, profondément pop, aux accents folk épicés d’une touche de rock. Avec plein de guitares, de la qualité, pas de prétention. « Je ne veux pas me prendre au sérieux, ce n’est que de la musique. Je me prends la tête sur le son, je creuse les arrangements, mais au final je ne veux pas que ça se sente. Mon souhait est que ça reste simple et accessible même s’il y a beaucoup de travail. Comme les Beatles ».